S'engager à travers son emploi

Trouver un emploi qui n'accélère pas la crise environnementale

En signant le Manifeste étudiant pour un réveil écologique, plus de 30 000 étudiants affirment vouloir faire un pas de côté par rapport à l’avenir professionnel qui leur semble destiné : ils ne veulent pas travailler au service de projets déconnectés de l’urgence écologique. Il est aujourd’hui possible, en se posant les bonnes questions, de trouver un emploi compatible avec ses engagements écologiques personnels.

Notre vie professionnelle représente beaucoup de temps et d’énergie : autant s’en servir pour engager les changements dont dépend notre avenir.

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La transition écologique concerne tous les métiers

Faut-il claquer volontairement la porte de certains secteurs ? Vaut-il mieux boycotter les entreprises dont le profit est l’unique objectif pour préférer des structures directement engagées, ou faut-il tenter de les transformer de l’intérieur ? C’est un choix que chacun doit faire.

La transition écologique concerne tous les métiers et pas uniquement ceux qui sont qualifiés de “verts”. Lorsque l’on ambitionne de contribuer à la conservation d’un monde écologiquement vivable, et lorsque l’on a le choix entre plusieurs emplois, il est essentiel de passer du temps à rechercher un travail cohérent avec cette volonté.

Une entreprise qui n’arrive pas à recruter
est vouée à l’échec

L’embauche est un processus crucial des entreprises : c’est, pour tous les étudiants et les jeunes diplômés, un levier extraordinairement fort pour peser sur leurs stratégies. Au delà de la communication, l’expression “L’humain est notre première ressource” le traduit : sans humains, sans nouveaux employés, pas de production, pas de valeur ajoutée, pas de chiffre d’affaires. Une entreprise qui a du mal à recruter, ou qui ne recrute que des jeunes démotivés, est une entreprise vouée à l’échec, et elles le savent.

Des outils pour réveiller tous les employeurs

Le Manifeste a connu un écho retentissant auprès des plus grandes entreprises. Nous avons débattu avec de nombreux dirigeants de grands groupes et leurs responsables RSE, nous sommes intervenus devant des Conseils d'Administration, nous avons pris la parole lors de forums et de conférences... Nous avons chaque fois martelé que, les préoccupations écologiques des jeunes étant croissantes, les entreprises ne pourraient pas passer à côté d’une implication réelle dans la transition écologique pour continuer à recruter.

Nous avons donc rencontré des entreprises réellement engagées dans la transition, mais aussi d’autres qui se contentent d’actions marginales - alors qu’elles ont parfois tendance à bien plus communiquer en la matière... Nous mettons donc à disposition des étudiants et des jeunes diplômés des outils pour les distinguer :


  • Choisir son job : se poser les bonnes questions

    Après un an de réflexion collective, de rencontres avec des entreprises et d’échanges avec des experts, voici des conseils pour accompagner nos choix d’orientation professionnelle : des questions essentielles à se poser pour évaluer le degré d’engagement d’une entreprise sur les enjeux environnementaux.

  • Entretiens d'embauche :
    vous avez des questions ?

    Toutes les informations ne sont pas facilement disponibles, voici donc quelques questions à poser lors des entretiens d’embauche pour approfondir sa réflexion et déterminer son choix.

  • Transformer son employeur de l'intérieur

    Pour ceux qui choisissent de travailler dans une entreprise ou n'auraient pas le choix et seraient contraints de travailler pour un employeur peu responsable, quelques pistes pour y agir de l’intérieur en toute transparence.

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Choisir son job : se poser les bonnes questions

Voici une liste de questions précises à se poser sur ses futurs employeurs pour analyser du mieux possible leur engagement (ou non) dans la transition écologique et savoir dans quelle mesure ils se donnent les moyens de les réaliser. Nous avons regroupé ces questions en 5 grandes catégories.

Il faut alors obtenir des réponses : nous vous proposons quelques pistes pour aller chercher les informations et trouver des sources fiables.

Enfin, posez vous aussi la question du type de structure dans laquelle vous souhaitez travailler : grand groupe international, PME, start-up, projet entrepreneurial, association ? Nos écoles nous préparent essentiellement travailler au service de structures traditionnelles mais il existe quantité d’autres possibilités - et autant de formes d'engagements ! Les plus petites structures, ou les plus originales, s’autorisent parfois un engagement plus radical là où les entreprises classiques semblent bloqués dans une logique de rentabilité incompatible avec les enjeux actuels. Évidemment il faut rester pragmatique : une startup n’est pas nécessairement vertueuse et une entreprise classique peut s’engager sérieusement

Certains mots un peu techniques sont marqués d'un "💬" : cela signifie qu'ils sont dans ce glossaire . N'hésitez pas à y faire un tour.

  • Quelle est l'utilité et la finalité des activités menées ?
Finalité des produits/services

Quel est le problème ?

Dans un environnement contraint par la limitation des ressources non renouvelables, la nécessité d’économiser l’énergie tout en maintenant les activités industrielles à un niveau soutenable et en conservant la finalité des produits ou services est un critère clé pour déterminer en premier lieu leur légitimité à continuer à exister, et en second lieu, l’utilité de travailler pour les produire.

Ce à quoi il faut faire attention

  • L’utilité des produits ou services fait-elle l’objet d’un questionnement au niveau stratégique au regard de l’urgence écologique actuelle ?
  • Le cas échéant, ce questionnement sur la finalité des activités de l’entreprise a-t-il abouti à une remise en cause de ses activités ?
  • La stratégie et les investissements de l'entreprise sont-ils réorientés en cohérence avec ces réflexions ?
Organisation de la chaîne logistique et de la production

Ce à quoi il faut faire attention

  • L’employeur cherche-il à repenser dans leur ensemble la chaîne logistique 💬 et la production ?
    Se contente-il d’opérer des mesures de réduction à la marge ou de compensation sans remise en cause profonde ?
  • L’employeur a-t-il réfléchi aux transformations profondes qu’il doit engager, du fait de son secteur, pour être en phase avec les enjeux climat et biodiversité portés par le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat) et l’IPBES (Plateforme Intergouvernementale sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques) ?
  • Ces réflexions ont-elles donné lieu à des mesures de transformation ?
Stratégie marketing

Ce à quoi il faut faire attention

  • L’entreprise met-elle en place des campagnes de communication qui poussent à la surconsommation ?
  • Incite-t-elle au contraire à une sobriété réfléchie ?
  • Quel récit est raconté aux clients potentiels ?
Où trouver les informations ?

La stratégie de l’employeur n’est généralement pas publique (sauf lorsque la structure est publique). Dans ce cas, l’idée est d’essayer de trouver les informations fournies aux actionnaires. Il arrive que des informations transitent dans les journaux spécialisés “business” pour les entreprises. Le plus efficace reste de trouver une source d’information en interne.

  • Quel impact sur le climat, la biodiversité et les ressources ?

Les activités des entreprises impactent forcément leur environnement : émissions de gaz à effet de serre, érosion de la biodiversité, extraction de ressources non renouvelables, pollution de l’eau et des sols, etc. Dans le cadre d’une stratégie sérieuse vis-à-vis de l’urgence écologique, ces impacts doivent être mesurés, communiqués de façon transparente, et limités autant que possible via un plan de réduction de ces impacts.

Pour commencer, il faut s’interroger sur les impacts sur l’environnement de chaque secteur. La matrice de matérialité du Sustainability Accounting Standards Board (ici) , en donne une bonne estimation. Grâce à ce tableau, il est facile de comprendre quels sont les principaux impacts par secteur (les émissions de gaz à effet de serre, l’impact sur la biodiversité, sur la qualité de l’air, la consommation d’énergie, etc). Cette première analyse est à garder en mémoire pour ensuite porter un regard critique sur la crédibilité des mesures prises par un employeur au regard des grandes problématiques écologiques de son secteur d’activité.

Emissions de gaz à effet de serre

Quel est le problème ?

Les activités humaines entraînent des émissions de gaz à effet de serre 💬. La concentration croissante de ces gaz dans l’atmosphère dérègle le climat, ce qui provoque une hausse de la fréquence des canicules, la montées des eaux, une plus grande intensité des cyclones...(liste non exhaustive).

Ce à quoi il faut faire attention

  • L’entreprise publie-t-elle ses émissions de gaz à effet de serre jusqu’au niveau Scope 3 💬. ?
  • La trajectoire d’émissions de gaz à effet de serre de l’entreprise est-elle compatible avec l’objectif de limitation du réchauffement de l’Accord de Paris 💬. à 1,5° ou 2° ?
  • Y a-t-il des objectifs de réduction annuelle des émissions de gaz à effet de serre ? Ces objectifs sont-ils en valeur absolue 💬. (et non pas en valeur relative, qui induit forcément un biais) ? La neutralité carbone💬. est-elle visée ? Si oui, à quelle échéance ?
  • Dans quelle mesure l’entreprise se base-t-elle sur des mécanismes de compensation 💬.(achat de crédits carbone, plantation d’arbres, développement de technologies de capture du CO2) ? Dans quelle mesure se base-t-elle sur une réduction brute/réelle des émissions ?
Impact sur la biodiversité

Quel est le problème ?

La nature nous fournit notre nourriture, nos médicaments, elle filtre nos eaux, etc… elle nous offre des services irremplaçables dont la valeur est évaluée par l’OCDE à 150% du PIB mondial !

Ce à quoi il faut faire attention

  • L’employeur publie-t-il une analyse de l’impact de ses activités sur la biodiversité ? Cette analyse semble-elle complète et pertinente au regard du secteur d’activité ? La préservation de la biodiversité est-elle prise en compte dans les processus opérationnels de l’entreprise ?
  • L’employeur cherche-t-il à limiter l’artificialisation des sols 💬. ? L’atteinte de l’objectif de zéro perte nette de biodiversité 💬.est-il envisagé ?
  • Pour réduire son impact, l’employeur affiche-t-il un mécanisme d’évitement d’impact sur la biodiversité, puis de réduction de cet impact, avant de parler de compensation ?
Exploitation de ressources non renouvelables

Quel est le problème ?

Notre société de consommation s’appuie sur des ressources non renouvelables : pétrole, sable, métaux, etc. Par exemple, sans les terres rares, ces métaux aux propriétés exceptionnelles, adieu smartphones, écrans d’ordinateurs, disques durs et panneaux solaires ! Alors que les ressources s’épuisent, leur consommation ne cesse de croître.

Ce à quoi il faut faire attention

  • Les produits commercialisés sont-ils conçus de sorte à limiter leur impact environnemental et dans une optique de maximisation de leur durée de vie ? Sont-ils nécessaires, réutilisables, réparables, recyclables voire compostables ? Existe-il des manuels de réparation sur le site ? L’entreprise prend-elle en charge leur fin de vie ?
  • Une analyse de cycle de vie 💬. (ACV) des produits a-t-elle été réalisée ?
  • Le modèle économique de l’employeur est-il basé sur la sobriété ? Sur un modèle d’économie circulaire réaliste ?
  • La consommation mondiale et les stocks disponibles des matériaux dont dépend l’employeur (cuivre, or, argent, gaz, tungstène, étain,…) sont-ils suivis ? Un calcul de l’empreinte en matériaux et en eau est-il effectué ?
Pollutions provoquées

Quel est le problème ?

Les activités humaines entraînent des pollutions de l’air, des sols et de l’eau. Ces pollutions parfois irréversibles ont un impact non seulement sur l’environnement mais également sur notre santé : on ingère l’équivalent d’une carte bancaire de plastique chaque semaine.

Ce à quoi il faut faire attention

  • Une analyse des pollutions entraînées sur l’ensemble de la chaîne de valeur des entreprises est-elle effectuée ?
  • La stratégie prévue pour limiter ces pollutions semble-elle ambitieuse ? Des mesures sont-elles concrètement mises en œuvre ?
  • La trajectoire de réduction de cette pollution compte-elle sur des technologies qui n’existent pas encore et dont le développement n’est pas certain ? En quelle proportion ?
Où trouver les informations ?

  • Quelle prise en compte des enjeux écologiques dans le travail des salariés ?
Formation des collaborateurs sur les sujets climat, ressources, biodiversité

Quel est le problème ?

Les enjeux environnementaux sont complexes. Être sensibilisés est nécessaire mais pas suffisant pour apporter des réponses pertinentes aux problématiques rencontrées ; il est indispensable d’être sérieusement formés ! Afin que des stratégies ambitieuses puissent être déployées, tous les membres d’une structure doivent être sensibilisés puis formés sur des sujets opérationnels, afin que chacun puisse agir au poste qui est le sien dans l’entreprise.

Ce à quoi il faut faire attention

  • Des formations existent-elle en interne ? Qui concernent-elles ? Les membres des organes décisionnaires (Conseil d’Administration, Comité exécutif…) ? Les cadres ? L’ensemble des collaborateurs ?
  • Quelle est la qualité de cette formation ? Quel est son contenu ? Quelle en est la durée ? Qui sont les formateurs ? Quels moyens sont mis en place pour que la formation débouche sur une réelle mise en pratique ?
Participation des salariés dans la transformation de l’entreprise sur les sujets environnementaux

Quel est le problème ?

Au sein de l’entreprise, chaque salarié doit être impliqué dans la transition écologique. Malgré cela, nombreux sont les salariés ne trouvant pas d’oreille attentive lorsqu’ils proposent des changements pour limiter les impacts écologiques de la structure dans laquelle ils travaillent. Pourtant, ce sont souvent les mieux placés pour cerner les problématiques, proposer des solutions pertinentes et les mettre en place. Les employeurs ont donc tout intérêt à encourager leurs salariés dans ce sens et à leur accorder une marge de manoeuvre suffisante pour proposer et expérimenter leurs idées.

Ce à quoi il faut faire attention :

  • Les missions qui figurent sur les fiches de poste incluent-elles les enjeux environnementaux ?
  • Le tableau de bord de l’employeur contient-il des indicateurs environnementaux ?
  • L’atteinte d’objectifs environnementaux est-elle un facteur pris en compte dans la rémunération variable des cadres ? Dans quelle proportion ?
  • Existe-il des mécanismes pour s’engager en interne (possibilité de constituer des groupes de travail, temps libéré pour mener des projets, budgets…) ?
  • Y a-t-il eu des lanceurs d’alerte au sein de la structure ? Si oui, comment ont-ils été considérés ?
Le département de Développement Durable

Quel est le problème ?

Les départements de développement durable (souvent rattachés aux départements de Responsabilité Sociale de l’Entreprise) ont historiquement peu de pouvoir dans l’entreprise et peu de budget. Souvent, leur mission principale est de répondre à une attente légale de reporting. Avec la prise de conscience croissante autour de l'urgence écologique, ces départements voient aujourd’hui leurs effectifs et leur budget augmenter, mais restent souvent trop à la marge de la stratégie globale de l’entreprise.

Ce à quoi il faut faire attention :

  • Quel est son niveau de rattachement hiérarchique (direction générale, direction stratégique, communication…) ?
  • Le directeur ou la directrice du département siège-t-il/elle dans les instances décisionnaires (Conseil d’Administration, Comité exécutif) ? L’activité du département semble-t-elle davantage centrée sur des mesures symboliques, de communication, ou sur des actions réellement transformantes qui touchent à l’activité de l’entreprise et à ses principaux enjeux environnementaux ?
Où trouver les informations ?

  • Ces informations sont rarement indiquées dans les documents officiels. On peut chercher à se renseigner auprès du pôle RH ou des personnes rencontrées lors de forums.
  • Pour le pilotage de l’entreprise et la marge de manoeuvre des salariés, il va probablement falloir chercher un peu plus. Le plus simple est d’échanger avec des employés pour connaître les leviers dont ils disposent en interne.
  • Concernant les lanceurs d’alerte et les éventuels scandales auxquels l’employeur a été lié, il s’agit principalement de rechercher des articles de presse traitant du sujet.
  • Le niveau de rattachement hiérarchique du département RSE/DD peut normalement se voir sur l’organigramme de la structure.
  • Certaines entreprises ont réintégré les fonctions liées au développement durable dans leurs différentes branches ou départements, ce qui peut être une approche pertinente pour que ces enjeux soient intégrés dans les réalités opérationnelles. Leur département dédié est donc réduit, mais travaille avec des référents à divers niveaux de la structure.
  • Quelle intégration des enjeux environnementaux dans la stratégie financière ?
Adaptation de la stratégie de long terme de l’entreprise aux changements induits par le dérèglement climatique

Quel est le problème ?

Le dérèglement climatique engendre une série de conséquences désastreuses pour l’environnement dans lequel évoluent les entreprises. Ainsi, au sein de leur analyse de risques, elles doivent quantifier les risques écologiques au même titre que les risques financiers, et cette analyse doit affecter logiquement sa stratégie globale. En excluant les risques climatiques ou en négligeant leur analyse, l’entreprise adopte la “stratégie de l’autruche”, ce qui lui est préjudiciable à terme…. ainsi qu’à la société.

Ce à quoi il faut faire attention :

  • La structure communique-elle son analyse des risques ? Les enjeux écologiques sont-ils inclus dans cette communication ? Les risques présentés semblent-ils cohérents vis-à-vis de l’activité de la structure ?
  • L’influence du dérèglement climatique est-elle prise en compte dans ses dimensions physiques (hausse des températures, montée des eaux, variabilité des précipitations, fréquence accrue des phénomènes extrêmes…) ? économiques (impact sur les finances de l’employeur) ? socio-politiques (impacts sur la santé des salariés, déplacements de populations, déstabilisation de certains gouvernements…) ?
  • Les conséquences de l’effondrement de la biodiversité sont-elles également prises en compte ?
  • Existe-il une stratégie à long terme incluant les enjeux de l’urgence écologique ? A quel horizon (5 ans? 10 ans ? 20 ans) ? Y a-t-il une démarche prospective 💬. ? Les entreprises à fort enjeu (énergie, bâtiment, mobilité, agriculture) mènent-elles des analyses par scénarios (scenario analysis) ?
Prise en compte dans le système comptable de l’employeur de sa performance extra-financière

Quel est le problème ?

Le système économique actuel est soumis à des contraintes de rentabilité financière à court terme absurdes. Ces contraintes entrent en compétition avec la mise en place d’une stratégie de transition écologique ambitieuse et tirent l’entreprise dans une direction opposée. Des instruments de pilotage adaptés sont donc indispensables pour prendre des décisions cohérentes avec l’urgence écologique, et non pas uniquement basées sur la rentabilité à court terme.

Ce à quoi il faut faire attention

  • La structure met-elle en place des systèmes de régulation interne ? Par exemple, prend-elle en compte un prix interne du carbone 💬. dans le calcul de rentabilité économique de ses projets ?
  • Quelle influence la performance extra-financière 💬. a-t-elle sur la prise de décision ?
  • Existe-il une rémunération variable des employés basée sur la performance extra-financière et environnementale ?
  • Les bonus encouragent-ils une vision court-termiste dans l’entreprise ? (Par exemple, de nombreux employés du secteur bancaires sont uniquement rémunérés sur leur performance à très court terme)
Investissements et projets responsables

Quel est le problème ?

Selon certains organismes internationaux, il faudrait utiliser 10% du PIB mondial afin d’assurer une transition écologique. Sans arrêter un tel chiffre, il est indéniable qu’effectuer une transition écologique réussie nécessite un investissement massif. Mais la pertinence de ces investissements est difficile à évaluer, il est donc indispensable de poser un regard critique sur certains effets d’annonce.

Ce à quoi il faut faire attention :

  • La structure communique-elle sur la part de ses investissements “verts”, responsables, liés à la transition écologique ? Sur la part de ses projets “verts” ?
  • Quelle est la part du budget et des investissements consacrée à l’approche des problèmes environnementaux et à la mise en place de solutions, en comparaison avec d’autres postes de dépenses (ex : la communication, le digital) ?
Les objectifs et les priorités des actionnaires

Quel est le problème ?

De nombreuses entreprises appartiennent à des actionnaires dont les revenus dépendent de la rentabilité à court terme de l’activité. Ainsi, ils peuvent chercher à bloquer des actions en faveur de la transition écologique non-rentables à court terme, car elles limitent leur dividendes.

Ce à quoi il faut faire attention :

  • Quels sont les actionnaires majoritaires ?
  • Quelle est leur stratégie climat & biodiversité ?
  • Quel relations avec le reste de la société ?
Lobbying et parties prenantes

Quel est le problème ?

Nous connaissons tous l'existence de lobbys puissants qui cherchent à influencer l’action politique et législative. Les exemples de lobby freinant la transition écologique sont nombreux : industries fossile, automobile, agroalimentaire, etc. Pourtant ces mêmes entreprises participent à des campagnes de communication massives pour illustrer leur engagement dans cette même transition écologique. Ce discours schizophrène va à l’encontre d’une action concrète face à l’urgence climatique.

Les entreprises n’interagissent pas uniquement avec les pouvoirs publics, elles influencent également d’autres parties prenantes comme les fournisseurs et partenaires commerciaux, et bien sûr les clients et consommateurs. Adopter un discours cohérent auprès de tous ces acteurs permet de diffuser les bonnes pratiques et favorise un changement systémique.

Ce à quoi il faut faire attention :

  • Les fournisseurs et partenaires commerciaux sont-ils évalués et choisis sur des critères environnementaux ? Sociaux ?
  • Concernant l’influence exercée sur les pouvoirs publics et la réglementation, quels moyens sont consacrés aux relations publiques ? Le travail d’influence exercé par l’employeur se fait-il dans le sens de la transition écologique et sociale ou dans le sens inverse ?
  • Concernant l’influence sur les programmes d’enseignement supérieur : dans quels conseils d’administrations d’établissements l’employeur a-t-il des sièges ? A-t-il des liens financiers avec des établissements (financement direct, actionnariat, chaires…) ? Utilise-t-il son influence pour pousser la formation de tous aux enjeux écologiques ?
Où trouver les informations ?

  • Concernant le choix des partenaires, les appels d’offres publiés par l’employeur et regarder les critères requis donne de bonnes indications.
  • La carte d’Influence Map donne une bonne idée des dépenses de lobbying des compagnies pétrolières.
  • Ce rapport de l’observatoire des multinationales donne une bonne idée des dépenses de lobbying des entreprises du CAC 40. Il suffit de faire Ctrl+F pour trouver l’employeur recherché ! De même avec cet autre rapport d’Attac, plus succinct mais tout aussi instructif.
  • Enfin, concernant l’influence sur l’enseignement supérieur, la composition du conseil d’administration d’un établissement est publique.

Les bonnes sources pour obtenir des informations

Il n’existe pas de source miracle qui recense l’ensemble des informations qui répondent aux questions ci-dessus. Voici quelques pistes pour aller chercher des informations :


  • Les échanges avec les employés

    Les employés sont votre meilleure source d’information, via : les Ressources Humaines (lors des entretiens par exemple), les recruteurs en forum d’entreprise, les contacts personnels, un ancien élève contacté sur LinkedIn, etc.

  • La déclaration de performance extra-financière (ex rapport RSE)

    La déclaration de performance extra-financière 💬 est obligatoire pour les sociétés cotées de plus de 500 employés et de 40M€ de chiffre d’affaire (100M€ pour les sociétés non cotées), elle doit faire état de l’avancement de l’entreprise sur les questions sociales, sociétales et environnementales. Elle est intégrée au rapport de gestion et doit également être publiée sur le site internet de l’entreprise.

  • Les réponses des entreprises à notre questionnaire

    Certaines entreprises ont accepté de répondre à nos questions concernant les critères évoqués sur cette page. Nous vous invitons à en prendre connaissance avec un certain regard critique et à les croiser avec les autres sources d’informations à votre disposition : les questions ont beau avoir été soignement réfléchies, il faut rester conscient que ce n’est que du déclaratif.

  • Le document de référence

    Il rassemble les éléments qui doivent légalement être communiqués par certaines entreprises. Il est généralement disponible sur le site de l’entreprise et comprend des informations sur l’organisation, l’activité, la situation financière, les résultats et les perspectives de la société : comment croire les engagements environnementaux d’un employeur s’ils ne sont à aucun moment évoqués lors du bilan général de son activité ? Pour commencer, un simple CTRL+F avec les mots « environnement », « développement durable », « climat », «biodiversité », pour évaluer la fréquence d’occurrence de ces termes et leur position dans le rapport, est déjà un premier indice.

  • La presse

    De plus en plus d’enquêtes ont pour objet les engagements écologiques des entreprises et sont utiles pour déconstruire la communication des plus grands groupes.

  • Tout autre document de communication concernant l'engagement de l'employeur

    Porter un regard critique sur ses messages publicitaires, par exemple, permet d’analyser l’image que l’employeur donne de lui même et de ses activités. On observe souvent une dissonance entre les stratégies environnementale et marketing : par exemple, un constructeur automobile peut baser sa stratégie environnementale sur le développement de modèles plus légers, qui consomment moins ou qui fonctionnent à l’électricité, mais continuer à communiquer massivement pour vendre des SUV.

    En l'occurrence, certaines entreprises communiquent sur leurs engagements environnementaux de manière disproportionnée par rapport à la réalité (voir notre guide anti-greenwashing).

  • Le site internet de l'entreprise

    Il est utile pour identifier la stratégie affichée et trouver certains des documents évoqués plus haut.

Les entreprises nous répondent

Entretiens d'embauche : vous avez des questions ?

Les entretiens d’embauches sont des lieux privilégiés pour interroger l’engagement écologique de l’entreprise pour laquelle vous postulez. Vous êtes face à un recruteur qui est aussi un salarié qui doit connaître particulièrement bien son entreprise, dans un format qui laisse ouverte la possibilité de poser des questions (la plupart du temps en fin d’entretien), et ces questions - bien formulées - ne peuvent que souligner votre intérêt pour l’entreprise, voire votre motivation pour la rejoindre si les réponses sont conformes à vos attentes.

Cela peut sembler intimidant ! Mais le but n’est pas d’être accusateur : il s’agit de poser sincèrement ces questions et d’ouvrir un sujet de discussion sur un domaine qui va impacter directement votre motivation au travail. Ces questions montrent une ouverture d’esprit et un intérêt pour les actions de l’entreprise, ce qui est très généralement valorisé (sinon, fuyez !). Surtout, n’oubliez pas de vous renseigner au préalable sur les initiatives de l’entreprise en la matière : cela vous fournira une base de discussion.

Deux bonnes raisons de poser des questions

Pour soi

Pour soi

C’est l’occasion d’évaluer si le recruteur est informé des actions environnementales de l’entreprise, ou si celles-ci sont confinées dans le département RSE - voire sont inexistantes. Si ces questions sont au coeur de la stratégie de l’entreprise, tout employé en aura connaissance

Pour le collectif

Pour la collectivité

Si le recruteur ne sait pas répondre précisément aux questions et qu'elles reviennent de manière régulière dans leurs entretiens, il y a de fortes chances qu’il en parle à ses supérieurs. L’employeur pourra alors se rendre compte qu’il est urgent de réorienter la stratégie de son entreprise.

Des exemples de questions

  • “J’ai lu que le problème untel est une question environnementale importante pour votre secteur. Qu’est ce que vous faites pour y faire face ?”
  • “Est-ce qu’il existe une réflexion au sein de l’entreprise sur l’économie circulaire et sur l’éco-conception pour répondre au problème de raréfaction des ressources ?”
  • “Est-ce qu’il a des grands changements auxquels vous vous préparez dans votre secteur à moyen-long terme, par exemple 10 ans, en raison de problématiques environnementales ?”
  • “J’ai découvert l’initiative X sur votre site internet. Est-ce que cela a changé quelque chose dans votre quotidien de travail ? Pouvez-vous m’expliquer ce dont il s’agit ?”

Liste non exhaustive !

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Transformer son employeur de l'intérieur

Quand on est stagiaire, alternant ou jeune diplômé, il est compliqué de transformer son entreprise de l’intérieur. Pourtant, les initiatives internes sont un formidable moyen de faire bouger les lignes !


Identifier les initiatives existantes

Il faut commencer par identifier les initiatives ou les groupes de réflexions qui sont déjà mis en place par l’entreprise (qu’on pourra par exemple retrouver dans le rapport RSE). Ces groupes ne sont sans doute pas suffisants, mais c’est un premier pas : il ne faut pas hésiter à les rejoindre, pour comprendre s’ils peuvent être un moyen efficace pour porter des changements dans l’entreprise. Pour réfléchir sur la pertinence de ces initiatives, on peut se référer à Choisir son job : se poser les bonnes questions.

Se rassembler

Si ces groupes n’existent pas ou si les initiatives ne semblent pas suffisantes, la seconde étape consiste à faire du lobbying en interne avec d’autres employés. Il faut d’abord trouver des collègues motivés (via le réseau social interne par exemple) puis se rassembler pour lancer des groupes de discussion et échanger sur les questions environnementales et leurs liens avec l'entreprise. Une fois le groupe établi, il s’agit ensuite de faire des propositions concrètes - même petites au départ - au reste de l’entreprise et à sa direction. Petit à petit, la crédibilité du groupe se renforcera, et les freins et les blocages existants sur les questions environnementales au sein de l’entreprise seront de plus en plus évidents.

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Transformer en profondeur

Il s’agira enfin d’engager des réflexions de fond, si possible en partenariat avec la direction, sur l'engagement de l'entreprise sur les questions environnementales. Ces réflexions impactent souvent toute la chaîne de valeur de l’entreprise : il est plus facile de prioriser les actions à mener pour maximiser leurs chances d’aboutir.

Les entreprises se focalisent souvent sur leur performance financière. Si votre proposition permet effectivement à l'entreprise de faire des économies, vous pouvez le mettre en avant. Cependant toutes les solutions que vous allez proposer n'iront pas en ce sens car les engagements les plus ambitieux vont souvent au delà de la recherche de rentabilité. Il est donc nécessaire de donner les raisons rationnelles pour effectuer ces changements, en plus de faire appel à la conscience écologique de vos interlocuteurs : risques réglementaires, réputationnels ou encore le risque de ne plus arriver à recruter de talents. Vous pouvez aussi mettre en avant le risque de long terme pour la survie de l'entreprise : le dérèglement climatique impacte et impactera de plus en plus l’ensemble de la planète - et donc la pérennité à long terme de l'entreprise. Il est donc plus que temps de se réveiller.

Pour aller plus loin
Mon appel
pour un réveil
écologique
Lancer mon appel