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📰 Communiqué - Enseignement supérieur : seuls 15% des établissements prêts à former l’ensemble de leurs étudiants aux enjeux écologiques

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Le 1er février 2021. Dans un nouveau rapport, le collectif Pour un réveil écologique révèle que seuls 15% des établissements de l’enseignement supérieur français s'engagent à prendre en compte les enjeux écologiques dans la formation de l'ensemble de leurs étudiants, malgré l’impact déterminant de ces enjeux sur leur vie personnelle et professionnelle.

Le rapport “L’écologie aux rattrapages” est disponible ici.

Le rapport “L’écologie aux rattrapages” analyse les engagements de 39 universités, écoles d’ingénieurs et écoles de commerce en évaluant l'intégration des enjeux écologiques dans leurs formations et dans leur fonctionnement. L'étude s’appuie sur les réponses de ces établissements au "grand baromètre de la transition écologique", une enquête nationale du collectif Pour un réveil écologique. L'enquête couvre un large périmètre en s'intéressant aux 6 leviers d'actions des établissements pour agir sur les questions écologiques : stratégie et gouvernance, formations, débouchés professionnels, activités de recherche, vie associative et durabilité des campus.

Le rapport montre une amélioration de la prise en compte des enjeux écologiques sur les deux dernières années. Ces avancées sont cependant hétérogènes et restent très en deçà des besoins des étudiants pour leur permettre de comprendre la crise écologique et de lutter, selon leur domaine, contre le dérèglement climatique, l'effondrement de la biodiversité ou encore les problèmes de pollutions.

Le rapport Ă©tablit que :

  • Seuls 15% des Ă©tablissements de l’enseignement supĂ©rieur se dĂ©clarent prĂŞts Ă  former l’ensemble de leurs Ă©tudiants aux enjeux Ă©cologiques ;
  • Les Ă©tablissements se concentrent Ă  ce jour essentiellement sur le verdissement des campus (recyclage des dĂ©chets, efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique des bâtiments, etc.) laissant de cĂ´tĂ© leurs autres leviers d’action. En particulier, l’intĂ©gration des enjeux Ă©cologiques dans la formation au sens strict, elle, est encore balbutiante : elle se limite principalement aux cursus spĂ©cialisĂ©s, ne touche qu’une petite partie des Ă©tudiantes et Ă©tudiants et prend trop souvent la forme de modules de sensibilisation au lieu de cours approfondis ;
  • Les Ă©coles de commerce et d’ingĂ©nieurs commencent Ă  se transformer face Ă  l’urgence Ă©cologique. Cependant, elles peinent Ă  remettre en question leurs enseignements mĂŞme lorsqu’ils sont incompatibles avec la gestion des problĂ©matiques Ă©cologiques : paradigme Ă©conomique reposant sur la croissance infinie, technosolutionnisme, etc. ;
  • Les universitĂ©s souffrent d’un mode d’organisation cloisonnĂ©, et rencontrent des difficultĂ©s Ă  gĂ©nĂ©raliser l'intĂ©gration des enjeux Ă©cologiques au sein de chaque dĂ©partement.
  • Les Ă©tudiants compensent le manque de formation par des engagements associatifs et de l’auto-formation, des pratiques qui concernent surtout les grandes Ă©coles.

Tout au long de ce rapport, le collectif Pour un réveil écologique met en avant un certain nombre de bonnes pratiques identifiées au sein des établissements, pour les encourager à poursuivre et partager leurs efforts. Par ailleurs, il relève le besoin urgent de moyens humains et financiers indispensables pour initier les transformations qui permettront une réelle formation des étudiants à la hauteur de l’urgence écologique.

Pour Caroline Mouille, co-pilote de l’étude chez Pour un réveil écologique et étudiante en grande école d’ingénieur agronome : “Nous devons absolument être formés sérieusement aux enjeux écologiques qui sont en train de transformer les métiers auxquels on nous prépare. Ce doit être l’essence même de nos études : faire de nous des citoyens et professionnels responsables, capables de prendre des décisions éclairées dans nos domaines respectifs. Pour l’instant, ce n’est pas le cas.”

Pour Amélie Deloche, co-pilote de l’étude chez Pour un réveil écologique et jeune diplômée d’école de commerce, “On nous parle encore de croissance à tout va, sans questionner les modèles économiques existants. Alors qu’il faudrait nous parler de finance verte, de comptabilité écologique, qui prennent en compte notre impact sur la nature, au-delà des enjeux financiers.”

Le rapport “L’écologie au rattrapage” est disponible ici.

Le résumé du rapport est accessible ici.


A PROPOS DU COLLECTIF POUR UN RÉVEIL ÉCOLOGIQUE

Le collectif Pour un réveil écologique est à l’origine du Manifeste éponyme, lancé en septembre 2018 par des étudiants de grandes écoles (Ecole Polytechnique, HEC Paris, AgroParisTech, ENS Ulm, Sciences Po, CentraleSupélec) et signé par plus de 30 000 étudiants de plus de 400 établissements de l’enseignement supérieur.

Pour un réveil écologique met à disposition des étudiants et des jeunes diplômés des outils pour :

  • travailler pour des employeurs dont la stratĂ©gie environnementale est Ă  la hauteur de l’urgence Ă©cologique ;
  • Coordonner et soutenir les efforts des Ă©tudiants qui encouragent l’intĂ©gration des enjeux Ă©cologiques dans leur formation.

Plus d’informations sur pour-un-reveil-ecologique.org